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Matériaux

Prix des volets en bois, du sapin au chêne

Du sapin peint au chêne massif, pose comprise ou pas : toutes les fourchettes réelles du prix des volets en bois et ce qui fait grimper le devis.

PAR CLAIRE AUBANEL · 14 MIN · 15 JUILLET 2026

Trois paires de volets en bois de différentes essences alignées dans un atelier de menuisier, du sapin clair au chêne, illustrant les écarts de prix des volets en bois

Deux battants neufs, un devis qui se lit ligne à ligne.

D’une menuiserie à l’autre, une paire de battants en bois s’affiche entre 130 et 900 euros pour la même fenêtre. Le prix des volets en bois se joue d’abord sur l’essence, puis sur les dimensions et la pose. Voici les fourchettes constatées sur le marché français, poste par poste, avec ce qui fait réellement varier le total d’un devis avant travaux.

Trois paires au mur, trois étiquettes

Dans l’atelier d’un menuisier de l’Orne, trois paires de volets battants en bois sont accrochées côte à côte, toutes taillées pour une fenêtre de 125 par 100 centimètres. La première, en sapin de 27 millimètres, porte une étiquette à 140 euros. La deuxième, en bois exotique, monte à 320 euros. La troisième, en chêne massif à cadre, affiche 680 euros. Même hauteur, même largeur, même quincaillerie, mêmes deux vantaux de bois massif : l’écart va de un à cinq. Sur le mur d’en face, une persienne à lames inclinées, en bois brut, attend encore sa finition : autre construction, autre étiquette. Un battant se juge d’ailleurs à la main autant qu’au prix affiché : l’esthétique du chêne au grain serré n’a rien du sapin brut de sciage. Le bois semble identique en apparence, c’est l’essence qui creuse l’écart. Chaque battant se soulève d’une main pour en juger le poids : le chêne pèse près du double du sapin et les vantaux les plus lourds réclament des gonds à la hauteur. Avant de comparer les devis, la question de quel bois choisir se pose du reste pour toute menuiserie extérieure, du platelage aux battants.

Cette scène résume le marché. Les volets en bois occupent toute l’échelle des prix, du premier prix de grande surface de bricolage au sur-mesure de menuiserie. Un volet battant d’entrée de gamme coûte moins cher qu’un produit équivalent en PVC ; le même volet en chêne rejoint les tarifs de l’alu haut de gamme. En grande surface, on repart avec sa paire le jour même ; en atelier, la livraison suit la fabrication et son coût dépend de la distance. Une livraison groupée sur une commande complète revient d’ailleurs moins cher que plusieurs envois séparés. Sur une maison entière, des volets neufs représentent vite plusieurs milliers d’euros : comprendre d’où vient cet écart évite de comparer des devis qui ne décrivent pas les mêmes volets. C’est aussi le premier poste à cadrer dans un budget travaux.

L’essence pèse plus lourd que la largeur

Sur un devis de volets battants en bois, changer d’essence fait davantage varier la facture que gagner vingt centimètres de largeur. Les fourchettes ci-dessous s’entendent pour une paire de vantaux aux dimensions courantes, fournitures seules :

  • Sapin ou épicéa : 60 à 150 euros la paire, le ticket d’entrée, à condition d’accepter un entretien suivi.
  • Pin sylvestre traité classe 3 : 100 à 220 euros, un cran plus résistant à l’humidité.
  • Mélèze ou douglas : 180 à 350 euros, des résineux naturellement durables qui vieillissent bien sans traitement lourd.
  • Bois exotique (méranti, moabi, movingui) : 200 à 450 euros, la valeur refuge des régions pluvieuses.
  • Chêne massif : 350 à 700 euros la paire en standard, davantage en fabrication sur mesure.

La largeur et la hauteur comptent moins qu’on ne le croit : à essence égale, une fenêtre plus large de vingt centimètres n’ajoute que 10 à 15 % au total. Les catalogues déclinent des hauteurs courantes de 95 à 215 centimètres ; à largeur égale, passer du plus petit au plus grand format augmente la fourniture de 40 à 60 %, simple effet de surface. Ces montants s’entendent pour une épaisseur de lames de 27 millimètres, la plus courante des catalogues et ne couvrent que la fourniture : la pose et la quincaillerie s’ajoutent plus loin au total. Le bois de pays, sapin ou douglas sciés en circuit court, se négocie parfois sous ces fourchettes directement en scierie, à condition d’assembler soi-même les vantaux. L’exercice demande un établi et du temps : chaque battant s’assemble lames serrées, barres vissées à contre-fil, écharpe posée en dernier, avant un ponçage soigné. La qualité du bois de sciage varie d’ailleurs d’une scierie à l’autre ; un plot bien séché se travaille mieux et bouge moins une fois posé. Sur un même modèle de battants, passer du sapin au chêne double puis triple la note à dimensions égales ; à l’échelle d’une maison de huit ouvertures, ce seul choix d’essence déplace le total de deux à trois mille euros.

« L’essence décide de la facture le jour de l’achat et de l’entretien pendant les trente années qui suivent. »

Un battant en bois exotique coûte deux fois le prix du sapin, mais il encaisse la pluie d’une façade ouest sans broncher ; des volets en sapin, eux, réclament une protection renouvelée régulièrement. Un volet en mélèze, lui, grise au fil d’un vieillissement naturel sans rien perdre de sa résistance. À budget contenu, un résineux traité reste cohérent tant que le bois est abrité des rejaillissements de pluie par un débord de toit. Le bois reste un matériau naturel : il travaille avec l’humidité et le calcul se fait donc sur la durée de vie, pas seulement sur l’étiquette.

Battants, persiennes, coulissants : trois budgets

Le volet battant à lames verticales reste le modèle le plus fabriqué en France. Les lames verticales des vantaux sont maintenues par des barres horizontales et une écharpe en diagonale, le fameux assemblage en Z ; c’est la construction la plus simple, donc la moins chère. Côté intérieur, barres et écharpes restent apparentes ; côté rue, seules les planches verticales se lisent, posées dans le sens de la pluie. Le battant à cadre, où un châssis de bois enserre des panneaux ou des lames, coûte 30 à 50 % de plus à essence égale, pour une meilleure tenue dans le temps. Ce type de battant se reconnaît à ses traverses affleurantes et à ses panneaux logés en rainure ; le cadre reprend les déformations et chaque vantail garde son équerrage au fil des saisons. Sur les grandes largeurs, chaque battant reçoit des lames verticales plus épaisses, des barres renforcées et des écharpes doublées pour résister au vent : les écharpes reprennent le poids du vantail et lui évitent de s’affaisser avec les années.

La persienne, ce volet en bois à lames inclinées qui tamisent la lumière vers l’intérieur, se négocie entre 200 et 500 euros la paire selon l’essence ; sa version dauphinoise, à soubassement plein fait de planches verticales, coûte 10 à 15 % de plus. Le volet coulissant, monté sur rail en façade, demande une structure plus rigide, un panneau toute hauteur guidé sur galets : comptez 300 à 800 euros le panneau, hors rail et hors pose ; ces volets coulissants habillent surtout les baies vitrées des maisons contemporaines et leur part progresse avec la mode des grandes baies. Quant au volet roulant à tablier bois, il a pratiquement disparu des catalogues ; le roulant actuel se fabrique en aluminium ou en PVC, entre 250 et 800 euros avec motorisation, la motorisation seule, filaire ou radio, pesant 100 à 200 euros dans ce total. Le coffre du roulant se loge alors en linteau ou en applique, tablier alu pour la rigidité, tablier PVC pour le budget serré. Un volet roulant motorisé ne joue plus dans la même catégorie que les volets battants traditionnels ; en rénovation, le roulant se pose d’ailleurs souvent en complément des battants existants, pas à leur place.

Le sur-mesure, la règle plus que l’exception

Dans le bâti ancien, aucune fenêtre ne fait exactement les cotes normalisées. Les volets en bois sur mesure ne sont donc pas un luxe, mais une nécessité : un vantail trop court laisse passer la lumière, un vantail trop large ne se rabat pas contre le mur. Un volet sur mesure épouse le tableau au millimètre, quand un volet standard s’accommode d’un jeu visible. Le passage du standard au sur-mesure renchérit la fourniture de 20 à 40 % selon les ateliers. Les volets de l’étage, souvent plus petits, coûtent à peine moins que ceux du rez-de-chaussée : le temps de fabrication reste le même. D’une ouverture à l’autre, les cotes varient d’ailleurs parfois de plusieurs centimètres sur une même façade.

En menuiserie comme en grande surface, la prise de cotes conditionne tout le reste. On mesure le tableau de la fenêtre en trois points, en largeur comme en hauteur et l’on retient la cote la plus faible ; les fenêtres et les portes des maisons anciennes ne connaissent pas l’angle droit. Un relevé par ouverture, noté au crayon, évite les confusions à la commande. Un menuisier qui se déplace pour mesurer facture parfois ce passage, souvent déduit du total du devis. Pour une commande à distance avec livraison, la responsabilité des cotes revient au client : photographier chaque fenêtre, mètre déroulé sur le tableau, évite bien des litiges, car une erreur de deux centimètres sur un volet se paie au prix d’une paire neuve. Les délais de livraison s’allongent sur les formats hors gabarit et une livraison en étage ou en accès difficile se signale dès la commande. Reprendre chaque mesure une seconde fois avant de valider reste la meilleure des assurances.

La pose, la dépose et les accessoires

La fourniture ne fait pas tout. La pose de volets battants par un artisan se facture entre 80 et 200 euros par fenêtre, selon que les gonds existent déjà ou qu’il faut les sceller dans la maçonnerie ; d’une région à l’autre, la main-d’œuvre varie en outre de 20 à 30 % entre une grande ville et une zone rurale. Compter une demi-journée de travail par paire de battants quand la maçonnerie est saine ; chaque volet se présente à blanc, vantaux de bois calés d’aplomb, écharpes tournées vers l’intérieur, avant le scellement définitif. La dépose des anciens volets ajoute 30 à 80 euros par ouverture, évacuation comprise. Certains artisans récupèrent au passage les accessoires encore sains, pentures droites et arrêts de façade, pour les remonter sur les vantaux neufs. Quand les volets existants restent en place, un regraissage des gonds et un coup de réglage repoussent parfois la dépense de plusieurs années. Sur une maison entière, ces travaux de pose pèsent vite le tiers du prix final ; les regrouper avec le remplacement d’autres fenêtres permet parfois de négocier le déplacement.

Mains d'artisan calant un panneau lasuré contre un mur en pierre claire, dans une lumière douce de fin de matinée

La quincaillerie et les accessoires forment un poste à part quand ils ne sont pas inclus : gonds, pentures, espagnolette et arrêts de façade, qui tiennent les volets ouverts contre le mur, représentent 30 à 90 euros par fenêtre en acier standard, le double en fer forgé de style. Une penture en acier zingué traverse vingt hivers sans faiblir et des gonds en acier scellés au mortier tiennent des décennies ; ces accessoires se remplacent ensuite à l’unité en quincaillerie, un avantage sur les systèmes propriétaires. Des accessoires de qualité prolongent d’ailleurs la vie de chaque volet autant que la finition. Le conseil est simple : vérifier ligne par ligne ce que le devis contient, accessoires compris, car un prix « volets posés » peut cacher une visserie premier prix.

Un point fiscal enfin. En rénovation d’un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux de fourniture et de pose par un professionnel bénéficient de la TVA à 10 %, contre 20 % pour un achat seul en magasin. Certains ateliers proposent aussi un paiement en plusieurs fois sur les grosses commandes : un premier versement à la signature, le paiement du solde à la livraison, des modalités de paiement écrites noir sur blanc au devis. Ces facilités de paiement ne changent rien au total, mais elles lissent la dépense sur la durée du chantier. Sur un chantier facturé 5 000 euros au total, ces dix points d’écart représentent 500 euros : sur une maison entière, la TVA réduite couvre presque la pose.

Face au PVC et à l’aluminium, l’écart réel

La comparaison des prix se règle en quelques chiffres. Des volets battants en PVC coûtent 100 à 250 euros la paire, sans entretien, mais avec une palette de couleurs réduite et une rigidité moindre au-delà de 120 centimètres de large. Des volets battants en alu se situent entre 250 et 600 euros la paire ; les volets battants aluminium isolés, à double paroi, tiennent le haut de cette fourchette grâce à leur isolation renforcée, un atout pour les portes-fenêtres exposées. L’alu ne gonfle pas et ne se fend pas, ce qui explique son avance dans les régions humides ; le PVC, lui, jaunit parfois au sud quand la teinte n’est pas traitée. Entre alu et PVC, l’écart se joue surtout sur la rigidité des grands formats. Les baies très larges, elles, basculent le plus souvent vers les coulissants ou le roulant.

Le volet en bois se glisse entre les deux. Chaque matériau vieillit à sa manière : à prix égal avec le PVC en entrée de gamme, le bois se repeint quand le plastique se remplace ; face à l’aluminium, il conserve l’avantage d’une isolation naturelle et le droit à la réparation. À épaisseur égale, des vantaux pleins en bois isolent d’ailleurs mieux qu’un profil de PVC creux : l’isolation d’un volet tient à la masse du matériau. Un volet fendu se ressoude à la pâte à bois, une penture se change ; le bois se retouche au rabot le jour de la pose, quand l’alu ne se corrige pas. Trente ans de service ne sont pas rares sur des volets en bois entretenus. L’esthétique joue aussi : l’aspect naturel du bois se marie aux façades anciennes et se peint à la couleur du village, quand l’alu conserve sa couleur d’usine. À l’intérieur, un simple store occultant complète l’ensemble et un store extérieur peut ombrer les baies les plus exposées ; un store vénitien posé côté intérieur tamise, sans plus. Aucun store ne remplace l’obscurité ni la sécurité d’un volet plein : le store se pense en complément, jamais en remplacement.

Ce qui alourdit ou allège le devis

Quelques options font basculer le prix des volets en bois d’une fourchette à l’autre. La finition en usine, lasure ou peinture appliquée avant livraison, ajoute 20 à 30 % à la fourniture, mais épargne la mise en peinture des volets neufs et garantit un film régulier : le produit arrive prêt à poser, une lasure incolore laisse le veinage apparent et une peinture teintée s’accorde à la couleur des menuiseries. Le nuancier compte aussi : les teintes RAL courantes restent au tarif de base, une couleur hors nuancier ajoute 10 à 15 %. La forme cintrée, courante sur les portes et fenêtres des maisons de ville anciennes, renchérit la fabrication de 30 à 50 % par battant, car chaque volet cintré se taille sur gabarit. L’épaisseur joue aussi : passer de vantaux de 27 à 34 millimètres améliore la rigidité, la résistance à l’effraction et l’isolation pour environ 15 % de plus sur le total, sans rien changer à l’esthétique de la façade ; sur des volets exposés plein ouest, ce surcoût se justifie de lui-même. La motorisation existe enfin sur les modèles à la française, 300 à 500 euros par fenêtre, mais elle reste rare en menuiserie traditionnelle.

À l’inverse, certains choix allègent la note sans sacrifier la qualité. Un pin de forêts gérées durablement, certifié PEFC ou FSC, coûte à peine plus qu’un résineux sans label et sécurise l’origine du bois. La fabrication en France, encore vivante dans ce secteur, limite les frais de livraison et facilite le service après-vente. Un atelier régional livre parfois lui-même, ce qui simplifie la livraison des grands formats et permet un contrôle à quatre yeux au déchargement. Les garanties, elles, ne coûtent rien, mais se lisent au devis : dix ans sur la menuiserie chez les fabricants sérieux, cinq ans sur la finition usine, à condition d’un entretien conforme. Reste l’entretien, justement, seul vrai coût différé : un volet en bois se repeint environ tous les dix ans pour traverser les décennies, un rendez-vous à inscrire au budget dès l’achat. Avant d’engager les travaux, l’avis d’un menuisier local sur l’exposition de la façade vaut souvent mieux qu’un long comparatif ; il dira aussi par quelle ouverture commencer si le budget impose d’étaler le chantier.

Les cotes se prennent un matin de septembre

La saison sèche est le bon moment pour mesurer ses fenêtres, comparer deux devis détaillés et commander : les ateliers fabriquent en six à dix semaines, un mois de plus au printemps quand les carnets se remplissent et les travaux de pose se font encore par temps clément, sur un bois stabilisé par l’été. Des volets en bois commandés à la fin de l’été sont en place avant les premières tempêtes d’automne. La livraison tombe alors sur un chantier sec. Le reste se compare dans nos pages Matériaux, essence par essence : les gonds se scellent dans un mur qui ne suinte pas et la finition sèche vite. C’est là, battants clos sur une nuit de vent, que l’écart de prix trouve son sens.

CLAIRE AUBANEL

Vit et écrit dans le Perche, dans une maison qui lui apprend le reste.

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