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Jardin

Poser un store banne : le mur avant le trou

Du carton de 47 kilos au premier déjeuner dehors : la méthode pas à pas pour poser un store banne qui tiendra les rafales d'automne comme les étés.

PAR CLAIRE AUBANEL — 10 MIN — 7 JUILLET 2026

Ombre d'une toile tendue au-dessus de la terrasse en été

Trois heures : l'ombre a tourné, la terrasse respire.

Le carton fait 3,60 mètres de long, pèse 47 kilos et bloque le couloir depuis mardi. Samedi matin, deux tréteaux, un perforateur, un voisin patient : poser un store banne se joue moins dans l’effort que dans la préparation. La façade, la hauteur, la pente, le type de fixation, chaque étape se décide avant le premier trou. Voici l’ordre des gestes, du choix du coffre jusqu’au raccordement électrique, avec les chiffres qui évitent les mauvaises surprises.

Coffre, semi-coffre ou monobloc : choisir d’abord

Un store banne existe en trois familles et ce choix engage tout le reste, du poids à hisser jusqu’à la longévité du tissu. Le store monobloc laisse l’armature et le tissu enroulé à l’air libre ; c’est le plus léger, autour de 30 à 40 kilos pour 3,50 mètres. On le réserve aux terrasses abritées, sous un débord de toit qui fait office de parapluie. L’installation d’un monobloc reste la plus simple des trois familles : moins de poids à hisser et les mêmes règles de pose que pour les autres stores. La philosophie rejoint celle qui vaut pour installer une pergola : c’est le mur qui commande, pas le catalogue.

Le semi-coffre ajoute un auvent qui couvre la toile une fois repliée, mais laisse les bras articulés apparents. Le store banne coffre referme la toile et le mécanisme dans un caisson d’aluminium quand le store est replié : rien ne dépasse, rien ne prend la pluie. Refermé, le caisson ne montre que sa face avant lisse ; il remplit alors une double fonction, protéger le mécanisme et habiller le mur en position fermée. C’est le plus lourd à hisser, mais aussi le plus endurant. Le coffre met le tissu et les bras à l’abri des UV, du gel et des poussières, ce qui ajoute plusieurs années de durabilité à l’ensemble ; sur les stores bannes exposés plein sud, la différence entre toiles protégées et tissus laissés nus se lit dès la troisième saison. À l’usage, le coffre intégral s’impose dès que le store dort dehors toute l’année.

Les dimensions se raisonnent avant le modèle. L’avancée se choisit d’après la profondeur de la terrasse et la course du soleil : 2,50 mètres d’avancée couvrent une table de six personnes, 3,50 mètres ombragent une terrasse entière en début d’après-midi. L’ombre portée se déplace avec les heures ; à midi elle tombe presque à l’aplomb de la barre de charge, en fin d’après-midi elle s’allonge vers la façade. La largeur, elle, déborde de 30 à 50 centimètres de part et d’autre de la baie à protéger. Le relevé se fait au mètre ruban, d’un mur à l’autre, en retirant deux à trois centimètres de jeu de chaque côté pour les descentes de gouttière ou les volets.

Quel que soit le modèle, vérifiez la conformité à la norme NF EN 13561, qui classe les stores extérieurs selon leur résistance au vent. La classe 2, qui tient un vent d’environ 38 km/h store déployé, correspond à l’usage courant d’une protection solaire de terrasse ; la classe se choisit en fonction de l’exposition du site et une face de bâtiment battue par les vents dominants mérite le cran supérieur. Le choix du tissu pèse d’ailleurs sur la pose elle-même : les toiles acryliques teintées dans la masse, plus denses, ajoutent quelques kilos à l’ensemble qu’il faudra hisser ; les toiles polyester, plus légères, blanchissent plus vite au soleil. Quant au lambrequin, cette bande de tissu qui borde la barre de charge, il ne change rien à la fixation, tout au rendu.

Le mur commande

Avant de poser un store banne, on interroge la façade. Un store banne de 4 mètres déployé travaille comme un levier : les bras tendus exercent sur les fixations hautes un effort d’arrachement de plusieurs centaines de kilos, bien supérieur au simple poids de l’appareil. La résistance à l’arrachement prime donc sur tout le reste et conditionne la durabilité de l’ensemble autant que la qualité du mécanisme. La fixation du store banne se choisit d’après le matériau, jamais d’après le contenu du sachet de visserie ; un store banne ancré dans un matériau creux sans technique adaptée finit par arracher ses supports à la première rafale.

En béton plein ou en pierre dure, des chevilles métalliques à expansion de 12 millimètres suffisent. En brique creuse ou en parpaing creux, elles sont proscrites : il faut un scellement chimique avec tamis, seule technique qui répartit la charge dans les alvéoles du matériau. Sur une ossature bois, on visse des tirefonds de 10 millimètres dans les montants porteurs, jamais dans le bardage seul. Sur une façade isolée par l’extérieur, l’isolant ne porte rien : il faut des entretoises de déport traversantes et chaque point de fixation doit reprendre sa charge dans la maçonnerie porteuse, un cas où l’intervention d’un professionnel devient raisonnable. Au moindre doute sur la nature de la paroi, demandez l’avis d’un maçon avant de percer. Cet avis oriente le choix de l’ancrage mieux que n’importe quel forum ; un professionnel du bâti reconnaît une brique creuse au son du marteau, là où l’amateur ne voit qu’un enduit uniforme.

Le nombre de supports suit la largeur : deux jusqu’à 4 mètres environ, trois au-delà, un support au droit de chaque bras ou à son aplomb immédiat. Côté hauteur, la barre de charge doit rester à 2,20 mètres du sol une fois le store déployé et incliné ; la ligne de fixation se situe donc entre 2,50 et 3 mètres selon l’avancée choisie. Sur un balcon, le store banne se pose parfois au plafond quand la façade manque de place ; des équerres de plafond existent chez la plupart des fabricants et la reprise au plafond se calcule comme au mur. Cette installation au plafond suit la même logique : des supports au droit des bras et un traçage vérifié deux fois avant de percer.

Tracer avant de percer

Le traçage est l’étape qui conditionne toutes les autres et c’est aussi une étape qui ne se rattrape pas. Tracez une ligne horizontale au niveau laser ou au cordeau à la hauteur retenue : un support décalé d’un centimètre se traduit par une barre de charge qui penche et par des bras qui forcent à chaque ouverture. L’entraxe des supports du store se reporte depuis la notice du fabricant, pas depuis une estimation à l’œil, puis la position de chaque trou de fixation se marque au crayon et se revérifie au niveau. En cas d’hésitation sur la hauteur, l’avis du fabricant ou celui d’un installateur local tranche vite et évite une installation trop basse qui gênerait le passage. Chaque cote se contrôle deux fois, au sol d’abord puis en hauteur, avant de marquer quoi que ce soit. Un appel au fabricant lève au besoin le doute sur l’entraxe exact. Reportez enfin la position que prendra la barre de charge, appareil incliné, pour contrôler la garde au sol. Chaque support doit porter à plat, sa face arrière en appui complet contre la maçonnerie.

Un passage au détecteur de matériaux, 30 à 60 euros en magasin de bricolage, permet de s’assurer qu’aucune gaine électrique ni conduite d’eau ne traverse la zone. En cas de doute persistant, un trou d’essai dans un angle discret renseigne sur la nature réelle de la paroi. Cette étape de vérification prend dix minutes et évite le pire. Les poseurs professionnels ne s’en dispensent jamais, même sur des façades qu’ils croient connaître. Le matériel nécessaire tient en peu de choses :

  • Perforateur : foret béton de 12 ou 14 millimètres selon le diamètre des chevilles ou des tiges fournies.
  • Niveau laser ou niveau à bulle de 60 centimètres : la ligne doit être horizontale au millimètre, l’inclinaison se règle ensuite sur les bras.
  • Scellement chimique et tamis : indispensables en brique ou en parpaing creux, une cartouche de 300 millilitres couvre quatre à six points de fixation.
  • Clé à douille de 17 et clé dynamométrique : le serrage se fait progressif et croisé, jamais à l’impact.

Les supports, puis le store

L’installation du store banne suit un ordre strict où chaque étape prépare la suivante. On perce, on dépoussière chaque trou à la soufflette, on injecte la résine, on insère les tiges filetées. Le temps de prise d’un scellement chimique est de 45 minutes environ à 20 °C ; il double à 10 °C et c’est souvent là que les poses de février tournent mal, la résistance du scellement dépendant entièrement de cette prise complète. On présente ensuite les supports du store, on serre sans bloquer, on contrôle l’alignement des fixations une dernière fois, puis on bloque au couple que recommande la notice. Le réglage de l’aplomb s’affine à ce moment-là, cale par cale, tant que rien n’est encore bloqué. La qualité du serrage compte autant que celle du scellement. Des supports mal serrés travaillent à chaque ouverture et finissent par ovaliser leurs trous ; un contrôle du jeu après quelques manœuvres confirme que rien ne bouge.

« La toile se remplace, le moteur s’échange, la pente se règle ; un trou mal placé, lui, reste dans le mur. »

Vient l’étape du levage, à deux personnes au minimum, à trois pour un coffre de 5 mètres qui dépasse 60 kilos. On hisse le store, la barre porteuse se glisse ou se clipse dans les supports puis se verrouille par vis ou par goupilles selon les modèles. On vérifie que la barre repose sans contrainte à chaque extrémité. Le réglage de la pente se fait ensuite sur les consoles des bras : environ 15 centimètres de chute par mètre d’avancée pour qu’une averse s’évacue, une inclinaison plus faible sur un balcon où la hauteur manque. Cette étape conditionne le confort d’usage autant que l’évacuation de la pluie ; l’inclinaison se contrôle ensuite store ouvert, mètre en main, la barre de charge bien parallèle au sol. On termine par une première ouverture et fermeture du store à la manivelle, lentement, en vérifiant que les deux bras sortent de façon symétrique.

Moteur, capteurs et courant

Le store manuel fonctionne au treuil et à la manivelle ; il reste pertinent jusqu’à 3,50 ou 4 mètres de large et ne demande aucun câblage. Son installation s’arrête au réglage de la pente : ni raccordement ni mise en service, une sobriété qui explique la longévité de ces stores sur les petites terrasses. Au-delà, le store banne motorisé s’impose par confort autant que par mécanique : manœuvrer 5 mètres de tissu à la force du poignet lasse vite. Le moteur du store banne, tubulaire, se loge dans le tube d’enroulement, à l’abri du caisson sur les modèles intégraux ; il développe un couple de 40 à 50 Nm pour une largeur de 4 à 5 mètres et se commande par interrupteur filaire ou par radio. Le confort d’un store banne motorisé se vérifie au quotidien : le tissu sort et rentre à la télécommande, sans effort, jusqu’à la position voulue. Sur un store motorisé, le moteur mémorise en outre ses positions de fin de course ; ce réglage se reprend à tout moment depuis la télécommande, sans démontage. Le pilotage électrique ouvre enfin l’appareil à une programmation horaire, depuis la télécommande ou une box domotique ; cet automatisme réglé une fois pour toutes gère l’ombre de la terrasse sans intervention.

Dernière étape avant la mise en service, le raccordement électrique. Le store banne électrique se branche en 230 volts, sur une ligne protégée par un disjoncteur dédié, avec une sortie de câble étanche adaptée à l’extérieur. Le circuit électrique se teste avant de refermer la sortie de câble ; une reprise après coup impose de tout redémonter. Si l’installation de la maison n’offre aucune alimentation électrique côté terrasse, le tirage du circuit impose de faire appel à un électricien : c’est le poste où l’improvisation coûte le plus cher.

Les capteurs complètent utilement un store motorisé. L’anémomètre commande le repli intégral du store au-delà d’un seuil réglable, en général 25 à 30 km/h ; ce dispositif relève de la sécurité plus que du confort. Chaque capteur remplit une fonction distincte et l’automatisme de repli prime sur celui d’ouverture : le premier protège l’armature, le second ajoute du confort. Le capteur d’ensoleillement, lui, déploie l’appareil quand la luminosité dépasse un certain niveau ; cette fonction se désactive d’un geste depuis la télécommande. L’installation des capteurs se fait d’ailleurs sans câblage supplémentaire sur la plupart des motorisations radio récentes et certains fabricants livrent leurs stores bannes avec ces capteurs en série. Le réglage des capteurs se vérifie à la mise en service : un seuil trop haut laisse l’ensemble exposé au vent, un seuil trop bas le replie au moindre souffle. Associer d’emblée capteurs et motorisation coûte peu face au prix d’une armature tordue. Sur un modèle motorisé laissé sans surveillance, les capteurs de vent tiennent presque une fonction d’assurance : un coup de vent sur 12 m² de toile déployée suffit à plier l’ensemble. La sécurité repose sur cet automatisme que la vigilance humaine finit toujours par oublier.

Ce qui relève du professionnel

Certains cas sortent du bricolage du samedi : façade sous isolation extérieure, pierre tendre ou irrégulière, store banne de plus de 5 mètres, pose en étage sur échafaudage. Le levage d’un store banne intégral en étage, à lui seul, justifie l’échafaudage et une équipe rodée. La pose par un professionnel se règle généralement en une demi-journée, réglages compris. Une intervention soignée se reconnaît au traçage propre, au serrage au couple et à l’alignement symétrique des bras. Le recours au professionnel n’a rien d’un aveu d’échec, c’est une décision de bon sens quand la paroi s’y prête mal. Le bon professionnel se repère d’ailleurs à sa visite préalable : il sonde le mur, relève les cotes et refuse le chantier quand la paroi ne peut pas tenir la charge.

L’appel à un professionnel permet aussi de bénéficier de la garantie dans son intégralité : plusieurs fabricants conditionnent la garantie du mécanisme ou du moteur à une installation réalisée dans les règles, preuve à l’appui. Conservez la facture : la garantie court en général cinq ans sur l’armature et deux à cinq ans sur la motorisation. La garantie couvre le défaut de fabrication ; la durabilité, elle, se construit à l’usage. Avant travaux, deux vérifications s’imposent. En copropriété, la pose de stores sur une façade commune demande l’accord de l’assemblée ; en secteur protégé ou selon le règlement local d’urbanisme, une déclaration préalable en mairie peut être exigée. Cet appel se prépare, enfin : demandez des conseils sur la classe de vent adaptée à votre exposition, puis lisez les avis récents laissés sur l’installateur. Les avis qui comptent décrivent la tenue de l’installation après plusieurs saisons, pas la seule ponctualité du poseur. Croisez ces avis avec ceux publiés sur plusieurs plateformes ; un installateur régulier dans ses retours l’est en général aussi dans ses poses. Un avis détaillé sur le comportement du store banne au vent en dit plus long qu’une note globale ; les avis trop courts, eux, ne racontent rien du chantier.

Entretenir pour durer

L’entretien d’un store banne bien posé tient en quelques gestes. On referme le store dès que le vent monte ou que la pluie s’installe ; une toile enroulée humide développe des moisissures en quelques jours, c’est l’ennemi commun de tous les stores. On la redéploie dès le lendemain d’une averse pour la faire sécher. Le même réflexe vaut pour tous les stores d’extérieur, du monobloc au modèle intégral. Par sécurité, on replie aussi le store avant de s’absenter plusieurs jours quand aucun capteur ne veille. Deux fois par an, un brossage doux à l’eau savonneuse suffit, jamais de nettoyeur haute pression qui délave l’enduit anti-UV des toiles acryliques ; la face inférieure du caisson se contente d’un rinçage à l’éponge, la face supérieure d’un simple dépoussiérage. Cet entretien minimal ne demande ni produit spécifique ni outillage et le même entretien vaut pour un modèle manuel. Sur un modèle motorisé, on vérifie une fois par an le réglage du seuil de repli des capteurs de vent, seul paramètre qui se dérègle avec le temps ; le fabricant recommande souvent, dans ses conseils de pose, un contrôle du serrage des supports après le premier été, garant de la résistance de l’ancrage dans la durée.

Ces conseils d’entretien prolongent la durée de vie du store bien au-delà des garanties : une toile de qualité tient 10 à 15 ans, l’armature en aluminium laqué dépasse 20 ans, un moteur tubulaire avoisine la décennie. La durabilité d’un appareil d’extérieur se joue dans ces détails plus que dans sa fiche technique ; elle tient d’abord à ces gestes réguliers. L’hiver, le coffre intégral fait le reste du travail : le tissu et le mécanisme passent la mauvaise saison à l’abri, en position repliée, sans housse ni démontage, une protection permanente qui dispense de tout rangement.

Le premier déjeuner sous la toile

Une demi-journée suffit pour une installation complète, traçage compris, à condition de ne rien inverser dans l’ordre des gestes. Mars et avril offrent des façades sèches, une résine qui prend vite, un soleil encore doux pour travailler en hauteur. Le temps de régler la pente et le seuil des capteurs, le store banne donnera son ombre pour la première table dehors ; il ne restera qu’à choisir le motif de la toile, seul choix qui ne demande ni perceuse ni niveau. La qualité de la pose, elle, se jugera aux saisons suivantes, dans le silence des fixations qui ne bougent pas.

CLAIRE AUBANEL

Vit et écrit dans le Perche, dans une maison qui lui apprend le reste.

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