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Saisons

Que planter en octobre au jardin ?

Ce que la douceur du mois permet encore de planter en octobre : châssis, scions en motte, une poignée de gestes avant que tout ne se referme.

PAR CLAIRE AUBANEL — 4 MIN — 7 JUILLET 2026

Feuillage roussi d'arrière-saison au-dessus de la planche

Le mois avance masqué : tout se joue sous la surface.

Le premier week-end d’octobre, la terre du potager garde 13 °C à dix centimètres ; l’air, lui, passe sous les 10 au petit matin. Ce décalage fait tout l’intérêt du mois : savoir que planter en octobre, c’est profiter d’une terre encore tiède pour installer ce qui patientera sous le froid. Au jardin, le calendrier d’octobre tient en une page ; les gestes, en un après-midi.

Au potager, une ardoise suffit

Que planter en octobre au potager ? La liste des semis tient sur une ardoise : des laitues à repiquer sous châssis, un semis de mâche en lignes claires, des épinards pour le printemps, l’ail blanc à planter pointe en haut, des fèves à planter au sud d’une ligne Bordeaux-Lyon, en attendant les fleurs de printemps. L’ardoise prolonge ce qui s’est installé en septembre. On peut encore semer et planter côte à côte : la rhubarbe en bordure du potager, quelques choux repiqués là où le climat le permet. Le geste reste le même partout : des graines jamais enterrées à plus de trois fois leur taille, un sol simplement griffé, des plantes espacées pour l’air de l’hiver. Tant que le sol garde ses 10 °C, tout lève encore. Rien n’exige l’arrosoir ensuite : le ciel s’en charge et ces légumes d’hiver se contentent d’un œil par semaine. Sur une planche libre du potager, une volée de moutarde semée à la volée protège la terre nue jusqu’aux premières gelées.

« Ce qui se plante en octobre prend six mois d’avance sur mars. »

Les grands sujets se plantent maintenant

L’automne ouvre la meilleure fenêtre de l’année pour planter au jardin les sujets charpentés ; ces plantations d’arrière-saison donneront leurs premiers fruits sans réclamer un été de soins et les fruits suivants n’en seront que plus réguliers. Les arbres fruitiers vendus en conteneur se plantent dès maintenant ; ceux à racines nues arrivent chez le pépiniériste à la fin du mois, à prix doux ; c’est la grande affaire de l’automne au verger comme au jardin d’ornement. Les arbres installés maintenant s’enracinent tout l’hiver. Un trou ouvert deux semaines à l’avance, un tuteur posé avant le sujet, dix litres versés au pied pour plaquer la terre : la reprise se joue là, pas en avril. Une demi-heure par sujet, guère plus.

Côté fleurs, tulipes, narcisses et crocus se plantent à deux fois la hauteur de leurs racines, pointe vers le ciel ; pensées et myosotis prennent leurs quartiers en bordure du potager. Le romarin préfère la pierraille : à planter contre un mur chaud, il s’établira d’ici décembre sans un soin. Les bulbes comme les vivaces suivent le même tempo. Au jardin comme en pot, tout ce qui s’installe en octobre s’enracine sur les pluies, sans un arrosage de plus.

Ce que le mois cache sous les feuilles

Ce que l’on vient planter en octobre au potager ne se voit presque pas : quelques semis discrets, un scion nu au bout de son tuteur, une poignée de terre refermée. Le jardin d’octobre travaille en silence ; il s’ouvrira au printemps, quand on l’aura oublié. D’ici là, un passage de grelinette sur les planches libérées et les outils remisés, lames propres, suffisent à fermer les travaux d’octobre au jardin.

CLAIRE AUBANEL

Vit et écrit dans le Perche, dans une maison qui lui apprend le reste.

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